Pourquoi recuperer l'eau de pluie?



L’intensification de l’exploitation des nappes phréatiques, avec son corollaire la baisse de qualité des eaux, associées à l’évolution du climat devenant plus sec, nous contraint à rechercher de nouvelles ressources d’eau avec un meilleur contrôle de nos consommations. Une évidence s’impose : la récupératon d’eau de pluie. Elle peut être facilement utilisée, directement sur son lieu de consommation. Courant dans le passé, son usage mérite d’être remis au goût du jour. Pour son utilisateur les principaux avantages de l’eau de pluie sont sa qualité, l’autonomie qu’elle procure et les aspects économiques et environnementaux.



Une qualité exceptionnelle


L’eau de pluie est une eau vivante, naturellement douce, non calcaire, non chlorée et tempérée (pas de chocs thermiques pour les plantes). En comparaison l’eau chlorée est un milieu où les organismes vivants ont été tués (anoxique). Vous trouverez ci-dessous la comparaison entre une analyse d'un échantillon d'eau de pluie et les normes de potabilité.


PARAMETRES UNITES VALEUR MOYENNE NORMES POUR EAU POTABLE
 Acidité basicité : pH - 7.23 6.5 - 9.5
 Conductivité  mgN/l  90  < 2100
 Nitrates NO32-  mgN/l  1.5  <11.3
 Ammonium NH4+  mg/l  0.022  <0.5
 Chlorures CL-  mg/l  6.5  <350
 Sulfates SO42-  mg/l  <8  <250
 Calcium  mg/l  10.1  <270
 Magnésium  mg/l  0.21  <50
 Zinc  mg/l  466  <5000
 Fer  mg/l  <50  <200
 Cadmium  mg/l  <10  <50
 Plomb  mg/l  <50  <50


Des différences sur la qualité des eaux de pluie peuvent être observées à la proximité d’un littoral ou au voisinage de zones industrielles cf Rapport Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques du Sénat sur la qualité des eaux en France, mars 2003.

 


Une autonomie partielle à totale selon les usages souhaités


L’eau de pluie est une ressource inépuisable (bien qu’irrégulière). La stocker permet de faire face à une sécheresse prolongée et aux restrictions de plus en plus fréquentes. Le premier usage qui vient à l'esprit est pour l'arrosage du jardin. Mais les volumes nécessaires sont toujours plus importants que ce qu'on imagine habituellement. C'est la raison pour laquelle nous n'installons pas de cuves d'eau de pluie d'un volume inférieur à 10 m³.

En été votre jardin a besoin de 3 à 6 l/j/m²
Avec une pluviométrie moyenne en France de 500 à 800 mm une maison de 100 m² au sol permet de récupérer entre 50 et 80 m³ d'eau par an. Rappel : 1m³= 1000 l



L'eau de pluie est certes fort utile pour arroser votre jardin ou laver votre voiture, mais ses qualités (voir ci-dessus) peuvent la destiner à bien d'autres usages domestiques.

Votre autonomie peut être totale si vous décidez de faire la potabilisation de l'eau de pluie, après sa récupération. La responsabilité du client reste entière en ce qui concerne les obligations légales induites par ce dispositif. Vous devenez de facto distributeur d’eau de votre habitation avec les obligations sanitaires correspondantes : déclaration à la DDASS, séparation totale du réseau d’eau potable et identification claire du réseau d’eau de pluie, suivi de la qualité de l’eau par analyses (physico-chimiques et bactériologiques) régulières effectuées par un laboratoire hydrologique départemental agréé ou ayant les moyens d’analyse analogues, entretien rigoureux du matériel. Se référer à la page La réglementation en vigueur.



La récupération d'eau de pluie : une économie d'argent substantielle

 

L’eau de pluie est gratuite alors que l’augmentation du prix de l’eau potable est continue et inéluctable (+10 % par an).

L’eau de pluie récupérée est douce, donc pas d’entartrage : économie de chauffage d’eau, préservation de vos plomberies et robinetteries, augmentation de la durée de vie (+30 %) de votre cumulus et de vos appareils électroménagers (machines à laver, fer, etc.), 100 % d’économie sur les produits anti-calcaire. Plus besoin d’adoucisseur (environ 1000 € d’économie) ; réduction (40 à 60 %) de la quantité de produits de lavages nécessaires (détergents et assouplissants).


55 à 100 % d’économie sur le budget annuel d’eau
Environ 850 €/an d’économie sur les dépenses ménagères

 

 

La récupération d'eau de pluie : une démarche «écocitoyenne»


Préservation des nappes phréatiques : l’eau est une ressource de plus en plus rare et la production d’une eau potable de qualité nécessite des investissements importants supportés par les collectivités : pourquoi utiliser de l’eau potable quand ce n’est pas nécessaire (pour les WC, laver sa voiture ou arroser son jardin) ?

Pression moindre sur les stations d’épuration : lors de fortes pluies, le réseau d’assainissement n’a pas la capacité de traiter la totalité des eaux usées (d’où inondations).

Moins de pollution : diminution de la quantité de produits de lavage rejetés, voir ci-dessus.

Création d’un réservoir tampon (obligation de rétention des eaux pluviales pour les nouveaux lotissements soumis à l’assainissement collectif, cf. Loi sur l’eau).    

La récupération de l’eau de pluie ne doit pas empêcher de continuer à veiller à ne pas gaspiller un bien précieux : installation d’économiseurs (limiteurs de pression, chasses d’eau 3/6, embouts mousseurs), choix d’appareils économes en eau, ainsi que tous les petits gestes simples désormais bien connus.